Parmi les amphibiens, les grenouilles occupent une place à part. Elles appartiennent à l’ordre des Anoures, un groupe très riche qui rassemble des milliers d’espèces présentes presque partout dans le monde, à l’exception de l’Antarctique. Malgré leur grande diversité, la plupart gardent un lien étroit avec l’eau et apprécient les environnements frais, humides et tranquilles.
On oppose souvent les grenouilles aux crapauds, même si cette distinction reste surtout pratique et non scientifique. En général, les crapauds ont un corps plus trapu, une peau plus rugueuse et des habitudes plus terrestres. Les grenouilles, elles, évoquent davantage la souplesse, le bond rapide et une vie souvent liée à l’eau ou aux arbres.

Les grenouilles se distinguent facilement des autres amphibiens comme les salamandres ou les tritons. Leur silhouette, leur façon de se déplacer et leur mode de reproduction les rendent très reconnaissables.
La grenouille adulte n’a pas de queue. Ce détail est important, car ses larves, les têtards, en possèdent une au départ, puis la perdent au moment de la métamorphose. Son autre grande particularité, ce sont ses longues pattes arrière, beaucoup plus développées que les pattes avant. Grâce à elles, elle se déplace en sautant avec une étonnante agilité.
Chez les grenouilles, la fécondation a lieu à l’extérieur du corps de la femelle. Pendant l’accouplement, appelé amplexus, le mâle s’agrippe à la femelle pendant qu’elle libère progressivement ses œufs. Au même moment, il les féconde dans l’eau. Ce fonctionnement les distingue d’autres amphibiens qui utilisent des modes de reproduction différents.
Durant la saison de reproduction, les mâles font entendre un chant propre à leur espèce. Ce coassement n’a rien d’anodin : il sert à attirer les femelles et à marquer leur présence. Dans les zones humides, ce concert naturel devient parfois le véritable son de l’été.
La vie des grenouilles reste fortement liée au milieu aquatique, surtout au début de leur existence. Leurs œufs ont besoin d’eau pour se développer, et les têtards y vivent en respirant grâce à des branchies. C’est pourquoi on retrouve souvent les grenouilles près des mares, des étangs, des flaques temporaires, des lagunes, des rivières lentes ou d’autres zones humides.
Cela dit, toutes les grenouilles adultes ne passent pas leur vie dans l’eau. Certaines n’y retournent que pour se reproduire. Le reste du temps, elles vivent dans des lieux humides, car leur peau fine et sensible doit rester hydratée. Beaucoup d’espèces terrestres se cachent dans les forêts tropicales, dans la litière de feuilles, ou encore dans la boue pendant les périodes sèches.
Les grenouilles sont particulièrement nombreuses dans les régions tropicales et subtropicales. Elles y trouvent des températures modérées et une humidité constante, deux conditions qui leur conviennent parfaitement.
La grenouille est surtout carnivore. Son menu se compose d’insectes, d’araignées, de vers, de 1 000-pattes, de limaces ou encore d’escargots. Elle attend souvent immobile qu’une proie passe à sa portée. Dès qu’elle détecte un mouvement, elle projette sa langue avec une rapidité impressionnante. Cette langue, recouverte d’une substance collante, capture la proie avant de la ramener aussitôt dans la bouche.
Certaines espèces possèdent de petites dents sur la mâchoire supérieure, utiles pour empêcher la proie de s’échapper. Quelques grenouilles plus particulières peuvent même attraper des animaux plus grands, comme de petits reptiles, d’autres amphibiens, voire de petits mammifères.
Les têtards ont souvent une alimentation différente de celle des adultes. La plupart sont d’abord herbivores et consomment principalement des algues. Pour cela, ils utilisent des structures cornées qui leur permettent de gratter leur nourriture. Puis, à mesure que la métamorphose avance, ils commencent à intégrer de la matière animale à leur régime et deviennent peu à peu carnivores.
La reproduction commence par une phase de séduction sonore. Les mâles chantent longuement pour attirer les femelles. Lorsqu’un mâle réussit à convaincre une partenaire, il monte sur son dos et la maintient fermement avec ses pattes avant. Cette position peut durer quelques minutes comme plusieurs jours, selon l’espèce.
Pendant ce temps, il n’y a pas de copulation à proprement parler. La femelle relâche progressivement ses œufs, que le mâle féconde au fur et à mesure. Dans certaines espèces, les œufs flottent en masse à la surface de l’eau. Dans d’autres, ils s’accrochent à la végétation. Il existe même des mâles qui gardent et protègent les œufs jusqu’à leur éclosion.
Quand les œufs éclosent, ils donnent naissance à des larves appelées têtards. Ces jeunes formes ont une tête bien visible, un petit corps et une queue adaptée à la nage. Elles vivent dans l’eau et respirent grâce à des branchies, un peu comme les poissons.
Peu à peu, leur corps se transforme. Les pattes apparaissent, la queue rétrécit puis disparaît, et l’animal adopte peu à peu la forme bien connue de la grenouille adulte. Cette transformation spectaculaire porte le nom de métamorphose.
Certaines espèces suivent un chemin plus direct. Chez elles, il n’existe pas de véritable phase de têtard libre dans l’eau. Les œufs sont pondus sur la terre ferme, et de minuscules grenouilles en sortent directement à l’éclosion. Elles sont déjà formées et n’ont plus besoin de passer par une vie aquatique prolongée.